Le vieillissement

Le désir de garder la santé et de vivre vieux ne date pas d'hier. De l'Antiquité à aujourd'hui, les savants, les alchimistes et les charlatans ont cherché en vain la formule de l'éternelle jeunesse !
L’extraordinaire augmentation de la longévité oblige les spécialistes à revoir les théories du vieillissement, où il est question de désordre, d’erreurs catastrophiques, de stress oxydatif et d’horloge...


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L’augmentation considérable de la durée de vie a remis sous les feux de l’actualité les différentes théories du vieillissement. Le nombre croissant et la diversité de ces théories confirment surtout l’extraordinaire complexité du sujet : il n’y pas et il n’y aura sûrement pas, une seule et unique explication de notre vieillissement.

Si la génétique joue un rôle certain, l’existence ou l’expression de certains gènes qui contrôleraient dans un sens ou dans l’autre la sénescence de nos cellules et de notre corps ne peuvent en aucun cas résumer la situation.

Réussir son vieillissement est devenu un objectif essentiel pour chacun d’entre nous, et même un problème de santé publique majeur. Ce vieillissement réussi passe par la mise en place de stratégies de prévention active, propres à ralentir l’horloge de notre vieillissement.

image reussir son vieillissement

Ralentir l’horloge du vieillissement

Des chercheurs américains travaillant sur les notions de dys-régulation biologique, ont inventé le concept ‘d’allostasie’ . Cette allostasie se définit comme «la capacité à parvenir à la stabilité à travers (ou malgré) le changement» Nous sommes là au cœur du sujet.

Là où l’homéostasie décrit des états, et plus précisément des états en équilibre, l’allostasie définit la faculté d’un système à maintenir son ou ses équilibres face aux changements. Cette notion se rapproche de celle de « résilience », qui est en quelque sorte la capacité à résister. Autrement dit, nous devons donner à notre corps tous les moyens pour qu’il puisse résister aussi longtemps que possible aux changements, aux aléas de la vie...

Afin de donner plus de consistance à ce concept un peu compliqué, les chercheurs ont développé un score dit ‘score allostatique’ qui permet de mesurer la ‘dose de dys-régulation biologique’.

Ce score se calcule à partir de certains dosages ou mesures comme : le rapport taille/hanche, la tension artérielle, le taux du HDL cholestérol, l’hémoglobine glyquée, le cortisol, la CRP ainsi que les fonctions rénales et pulmonaires... Le plus intéressant est qu’ils ont pu démontrer que ce score est corrélé au risque de développer des maladies, et de ‘mal vieillir’ ! Réduire son score allostatique est synonyme de vieillissement réussi...

image sablier

Et cela est possible :

La réduction du score allostatique passe par l’apprentissage des stratégies de coping * , la relaxation, la reconnaissance de ses propres limites, une bonne hygiène de vie, un régime nutritionnel adapté, l’absence de tabagisme , la pratique régulière d’une activité physique, la lutte contre l’isolement social.

On entend par ‘coping’ la façon de s'ajuster aux situations difficiles. Ce terme implique, d'une part, l'existence d'un problème réel ou imaginé, et d'autre part, la mise en place d'une réponse pour faire face à cet événement stressant."Dans le cas d’interventions chirurgicales par exemple, les sujets qui utilisent une stratégie de coping active (recherche d'informations sur le déroulement de l'opération, de ses conséquences, participation lors des traitements) sont significativement moins anxieux et présentent moins de complications postopératoires que les sujets qui utilisent une stratégie de coping passif (attitude résignée et fataliste, inhibition).

Redox, marqueurs "allostatiques" ?

L’état de stress oxydant est le résultat d’une agression oxydative moins l’action de nos défenses antioxydantes. Il s’agit d’un résultat négatif sur le plan comptable, l’agression ayant été supérieure aux défenses.

Cette opération laisse dans l’organisme une quantité de produits oxydés, lipides, sucres, ADN, de protéines dénaturées, dont on sait qu’ils sont délétères pour la santé et qu’ils accélèrent le vieillissement. Autrement dit, le stress oxydant augmente le désordre. Le score de stress oxydatif est en quelque sorte un score de l’entropie de l’organisme....

Les stratégies nutritionnelles, qu’elles soientt de l’ordre du conseil ou de la supplémentation n’ont finalement pour but que de remettre de l’ordre dans le désordre....

Or, le stress oxydant peut être aussi considéré comme la faillite d’une fonction régulatrice, la fonction Redox. Cette fonction Redox n’est rien d’autre que l’ensemble des process qui permettent à l’organisme de se maintenir dans un équilibre oxydation/réduction optimal. La charge ‘allostatique’ sur le plan oxydatif est la somme des facteurs ou agresseurs oxydants qui en permanence éloignent notre organisme de l’équilibre Redox . . .

L’allostasie, quant à elle est notre capacité à parvenir à la stabilité (ou l’équilibre) Redox face aux changements (ou agresseurs oxydants).

En conclusion, ces notions nouvelles nous amènent à repenser notre façon de concevoir notre santé et au-delà, notre vieillissement.

L’essentiel n’étant pas de focaliser nos efforts sur ce que nous sommes, mais sur la façon dont nous réagissons...

Il est sûrement intéressant de connaître son taux de glycémie à jeun, mais il est beaucoup plus judicieux de savoir comment il évolue
en fonction des repas que nous prenons, mais aussi de nos dépenses énergétiques.
Il est sûrement intéressant de savoir si notre humeur est bonne, mais il est beaucoup plus judicieux de savoir comment elle évoluerait
face à un choc psychologique brutal, ou à un stress qui s’éternise...

Et pour conserver le plus longtemps notre capacité à revenir aux équilibres malgré tous ces événements "déstabilisateurs",
il suffit peut être tout simplement de mettre de l’ordre là où le désordre s’installe.

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